PROJET POUR LA  STABILISATION DE L’EST DE LA RDC POUR LA PAIX (STEP)


         

 

 

PROJECT FOR THE STABILIZATION OF EASTERN DRC FOR PEACE (STEP)

CONFLICT MAPPING IN SOUTH KIVU PROVINCE

Produced by AFEDEM and RIO

February 2017

Note: This document is a property of the Social Fund of the Democratic Republic of Congo but its substance and form are binding only on the authors.

 

 

 

 

 

 

 

introduction

The Government of the Democratic Republic of Congo (DRC) has received a grant from the International Development Association (IDA) to finance the activities of the Project for the Stabilization of Eastern DRC for Peace (STEP). The Social Fund of the DRC (FSRDC) is responsible for the implementation of this project through the Subsidiary Agreements to the SPT Financing Agreements No. TF016616 and IDA Grant No. H917-ZR /ID P145196. The project’s interventions aim to improve access to socio-economic infrastructure and livelihoods for vulnerable communities in the eastern provinces of the DRC. Through these activities, the programme expects to contribute to reducing the risks of conflict and promoting peaceful coexistence, thereby facilitating the integration of vulnerable persons, including pygmy indigenous peoples and displaced persons.

Thus, on the twentieth day of February 2015, the Social Fund of the Democratic Republic of Congo concluded contracts with two partner execution agencies specialized in conflict prevention and management, namely RIO and AFEDEM (Réseau d’Innovation Organisationnelle et Appui aux Femmes Démunies et Enfants Marginalisés) in order to ensure the effective consideration of activities related to social cohesion issues in the implementation of the project. One of the missions of these partners was to develop a detailed mapping of the conflicts in the province of South Kivu. Thus, RIO developed the maps of the city of Bukavu and the territories of Fizi, Idjwi, Kabare, Kalehe, Uvira and Walungu while AFEDEM took the territories of Shabunda and Mwenga.

  1. CONTEXT OF SOUTH KIVU PROVINCE

South Kivu is a province of the Democratic Republic of the Congo, which emerged from the territorial division of the former province of Kivu. Located in the east of the country, it borders the republics of Rwanda, Burundi and Tanzania. It comprises eight territories (Fizi, Idjwi, Kabare, Kalehe, Mwenga, Shabunda, Uvira, Walungu) and one city (Bukavu). Its area is 65128 km2 with an estimated population of more than 3,464,082 people (Ministry of Planning 2005). As of 31 December 2016, out of more than 2.2 million people living on the move throughout the country, South Kivu province had 422,000 forcibly displaced people, half as many as North Kivu province, which had 883,000 (OCHA, January 2017). These displaced persons live mainly with host families. Kalehe territory occupies the first position with 221,584 displaced persons. More than 90% of the insecurity caused by armed violence is the cause of these displacements.

In addition to the city of Bukavu and the peri-urban centres of all the territories, registered displaced persons are mainly located in the following entities: (1) Kalehe Territory (Kalima Group, Bunyakiri and Mubugu Group); (2) Territory of Kabare (chiefdom of Nindja, in Ihembe and Luhago); (3) Walungu Territory (Lundukulu and Lubimbi, Ndiba, Kashebeye, Luzirhu, Kaniola and Mwegerera, respectively in the Mulamba, Kaniola and Burhale groups in ngweshe chiefdom), (4) Fizi territory (the villages of Munene, Ilakala, Swima, Ake, Abeka, Mukwezi, Kabumbe, Ilila, Munguli, Kabondozi, Mboko, Nundu, in the Babungwe Nord group, the villages of Kilicha, Misisi and Lulimba in the Basikasilu group and in the Katanga villages , Kimbi and Igomba, respectively in the Balala-Sud, Basombo and Basimimbi groupings; (5) Territory of Uvira in chiefdom of bafuliiru (villages Kiliba and Kigoma), ruzizi plain and bavira respectively in the groups of Runingu and Kigoma. They are also in the Lemera grouping especially in Lemera center and in the villages Lusheke, Mahungubwe, Bwesho, Kibanga, Rudaga, Kabunambo and Bijombo in the chiefdom of Bavira; (6) Territory of Mwenga (villages Katundu, Kakamba, Ngando, Kaboge, Mayengo, Ngonzi, Kigalama, Kakuku, Kasika and Kalambi, respectively in the Bizalugulu group in the Balobola group in the Basil chiefdom and in the Mukangala group in the Lwindi chiefdom).

A ces personnes déplacées pour cause des violences armées s’ajoutent 1.025 personnes ayant fui les villages Bushushu, Ramba et Ziralo à cause des catastrophes naturelles en territoire de Kalehe. Il y a également près de 26.050 réfugiés et demandeurs d’asile burundais, auxquels s’ajoutent des Rwandais. Ils vivent principalement dans le triangle Uvira-Walungu-Fizi. Parmi eux, 24.687  réfugiés burundais sont dans le camp de Lusenda,  groupement des Balala-Nord,  secteur de Tanganika en territoire de Fizi,  à 60 km de la cité d’Uvira.

Par ailleurs, la province du Sud-Kivu est de nos jours considérée comme un sanctuaire de plusieurs groupes armés aussi bien nationaux qu’étrangers. Excepté Idjwi et la ville de Bukavu, tous les territoires de la province du Sud-Kivu comptent au moins un groupe armé. Le territoire d’Uvira vient en tête. Au total 52 groupes armés sont actifs actuellement au Sud-Kivu dont 1 dans le territoire de Kabare (Nindja), 3 dans le territoire de Kalehe, 8 dans le territoire de Shabunda, 8  dans le territoire de Mwenga, 10 dans le territoire de Fizi, 20  dans le territoire d’Uvira et 2 dans le territoire de Walungu. Dans cette cohorte,   2 groupes armés sont  étrangers, respectivement Burundais et Rwandais. Il s’agit du FNL (Front National de Libération) et des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda). Tous ces groupes armés recourent aux fétiches et à la drogue avec un minimum d’idéologies nationalistes et messianiques. Soutenus par une frange des leaders locaux, leur mode opératoire n’est pas différent de celui des terroristes. Ils tuent, violent, volent, incendient des maisons, soumettent les citoyens  au servage  et s’adonnent à la perception des taxes administratives ainsi qu’à l’exploitation des ressources naturelles.

II.           APPROCHE METHODOLOGIQUE

 

L’étude a adopté des approches qualitatives et quantitatives de manière proactive et participative. Pour collecter les données, les techniques suivantes ont été utilisées : focus group, interviews individuelles et ciblées ainsi que les entretiens appuyés par des  questionnaires-guides spécifiques. Les techniques d’observation et le brainstorming ont été également exploités ainsi que le monitoring régulier du contexte. Les personnes enquêtées étaient libres de s’exprimer dans la langue de leur choix. Leur identité était masquée pour leur sécurité mais sans porter préjudice à l’authenticité des données. D’autres informations étaient récoltées auprès des originaires, autorités politiques et administratives vivant en dehors de la Province mais impliqués directement ou indirectement dans les faits. Ces données empiriques ont été enrichies et complétées par l’analyse documentaire à travers l’exploitation des rapports et cartographies similaires produits ultérieurement par d’autres acteurs de stabilisation dont STAREC, MONUSCO, International Alert, NRC, OCHA, PNC, FARDC, etc. Pour collecter les données aisément, la province a été subdivisée en trois zones avec des chercheurs spécifiques. La zone 1 comprend la ville de Bukavu et les territoires de Kabare, Kalehe et Idjwi. La zone 2 comprend les territoires de Fizi, Uvira et Walungu. La Zone 3 comprend les territoires de Shabunda et Mwenga. Et pour des raisons d’analyses, seuls les conflits saillants ont été détaillés afin de permettre aux différents acteurs de stabilisation de les comprendre et d’analyser les possibilités de définir les actions à mener pour les juguler ou réduire leur impact. Quant au rapportage, les techniques de compilation, la comparaison, le codage,  l’analyse des données et  l’élaboration des maquettes ont permis de produire la cartographie physique et le mapping. Le Conseil Consultatif Provincial, organe délibérant présidé par son Excellence, Monsieur le Gouverneur de Province du Sud-Kivu en date du 28 au 29 septembre 2016,  a validé la cartographie produite.

 

  • ETAT DE LIEU DES CONFLITS DANS LA PROVINCE DU SUD-KIVU

 

Sur tout l’ensemble de la province, 175 conflits saillants de différents types ont été identifiés dont : 17 dans la ville de Bukavu, 23 dans le territoire de Fizi, 14 dans le territoire d’Idjwi, 23 dans le territoire de Kabare, 42 dans le territoire de Kalehe, 23 dans le territoire de Mwenga, 16 dans le territoire de Shabunda, 9 dans le territoire d’Uvira et 8 dans le territoire de Walungu. Ces conflits avaient été identifiés et validés par les communautés à la base et le Conseil Consultatif Provincial tenu à Bukavu en date du 28 au 29 septembre 2016. Les causes de ces conflits peuvent être résumées dans une trilogie : foncier-pouvoir-identité.

En effet, les lois inappropriées aux besoins des populations, le déphasage entre la loi foncière et la coutume, l’ignorance des procédures légales d’acquisition du sol et du sous-sol, la lourdeur administrative et le faible revenu des demandeurs de la terre font que les individus  esquivent les titres fonciers et recourent généralement aux arrangements extra-légaux. Qu’ils soient formels ou informels, ces arrangements ne garantissent pas la sécurité des transactions et ne protègent pas l’acquéreur contre l’empiétement des limites et la dépossession par les tiers. En grande partie, les limites des entités administratives suscitent des conflits. Elles sont empiétées consciemment ou inconsciemment par des localités voisines. Consciemment soit dans le but de restaurer l’autorité de l’Etat en rapprochant les gouvernants des gouvernés, soit pour accéder aux taxes administratives et autres ressources rares disponibles dans la zone. Inconsciemment, faute des cartes administratives et à cause des occupations anarchiques (informelles) dues aux déplacements forcés des citoyens et l’absence de marquage des lignes frontalières.  Cette dernière situation est généralement observée sur le lac Kivu. Les pécheurs congolais sont toujours en antagonisme avec les  services publics rwandais les accusant de franchir abusivement la frontière maritime. En outre, l’expropriation des terres aux paysans pour l’exploitation des minerais ou pour d’autres besoins d’intérêt collectif comme l’agrandissement de l’aéroport de Kavumu, l’extension du Parc National de Kahuzi-Biega, le parking des camions citernes de carburant et la création de la Réserve Naturelle d’Itombwe ne laissent pas indifférents les paysans. Ils mettent en cause la procédure utilisée en la matière pour les exproprier.

Par ailleurs, la succession au trône est également au cœur des conflits dans pratiquement tous les secteurs et chefferies de la province du Sud-Kivu. Dans certains cas, l’autorité en place est contestée par ses administrés mais reste reconnue par le pouvoir public, dans d’autres cas, des querelles opposent les princes héritiers et l’autorité tarde à trancher. Chaque partie recoure à la mobilisation communautaire pour se maintenir et les cas échéants, elle met en place une milice pour riposter ou s’imposer. Cette situation est exacerbée par la duplicité de l’administration dans les entités sous influences des groupes armés. Non seulement le pouvoir est tronçonné et l’autorité légalement investie bafouée mais également les individus ayant travaillés avec les rebelles ou ceux qui refusent de travailler avec eux sont indexés et par conséquent obligés de se déplacer ou de se soumettre. Ainsi, les personnes retournées ou rapatriées ne maquent pas de constater qu’elles ont été remplacées et leurs patrimoines occupés abusivement.En revanche, la labellisation de l’adversaire et l’instrumentalisation de l’identité congolaise sont également au cœur des conflits et semblent être une tactique d’exclusion sociale, d’intolérance et d’enrichissement illicite au Sud-Kivu. Ces comportements sont davantage observés lorsque les personnes économiquement ou politiquement  fortes  cherchent à extorquer les biens appartenant aux moins nanties et lors des enjeux importants (élections, partage des postes, désignation d’un mandataire, crédit, bourse, réclamation de la propriété, etc.). Les assoiffés du pouvoir politique ou coutumier, les occupants illégaux des patrimoines et d’autres prédateurs recourent à la question de l’identité nationale ou culturelle pour écarter leurs détracteurs et potentiels adversaires. C’est ici même l’épicentre du conflit entre éleveurs et agriculteurs d’une part et entre autochtones et allogènes d’autre part. Le stigmate d’étranger dont souffrent généralement les non originaires a pour motivation profonde, l’accès à leurs biens particulièrement à leurs immeubles et aux vastes étendues des terres modiquement mise en valeur qu’ils occupent. Ainsi, il s’en suit l’intolérance et les  actes de provocation.

  1. LES CONFLITS PAR FICHES TERRITORIALES

IV.1. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE DE KALEHE

  • Conflit de pouvoir entre le chef de chefferie de Buloho et le chef de village Wanvulo : Ces deux chefs se disputent la gestion de la chefferie. La cause principale est la non reconnaissance du titre coutumier entre frères. La conséquence directe est qu’autour de deux chefs se forment des camps qui sont également en conflit depuis une dizaine d’années. Il n’y a pas eu de potentialité locale de règlement autre que les juridictions coutumières sur place. Le conflit est en cours.
  • Conflit entre communautés dites autochtones et les rwandophones dans le territoire de Kalehe (conflit identitaire) : Ce conflit est à l’origine de l’émergence des groupes armés à caractère ethnique rendant ainsi difficile la cohabitation entre les différentes ethnies. Les préjugés et les stéréotypes sont à l’origine de ce conflit. Les uns se considèrent comme des ayants droits et qualifient les autres d’étrangers. Les deux camps sont également manipulés par des politiciens en quête de positionnement. Ce conflit date depuis les années 1998 et demeure à ce jour. Jusque là aucun effort n’a été déployé localement pour sa gestion.
  • Conflit entre agriculteurs et éleveurs (conflit économique) dû à la dévastation des récoltes par les bétails : Les champs ont été dévastés par des bêtes en divagation et il y a eu dispute entre éleveurs et cultivateurs. Ce conflit implique au-delà des agriculteurs et des éleveurs, certains membres des familles proches qui se retrouvent entrain de défendre leurs sources de revenu. Plusieurs affronts en découlent et se soldent parfois par des pertes matérielles et en vies humaines. Ce conflit date des années 1980. Les structures communautaires à la base ont tenté de mener la médiation et là où elles ont eu des faiblesses, les juridictions locales ont été saisies par les parties en conflit.
  • Conflit entre les victimes de la catastrophe des pluies diluviennes de Bushushu, Luzira, Nyambasha et le pouvoir public sur la non réalisation des promesses (conflit économique) : Les victimes des pluies diluviennes du 24 octobre 2014 ont constaté non sans gène que les promesses faites à leur égard n’ont pas été honorées par le pouvoir public après multiples revendications. Ainsi, ces sinistrés restent abandonnés à leur triste sort. Ils ont mené un  « sit in » au niveau de l’administration du territoire de Kalehe. Ils ont toutefois bénéficié de la grâce d’être casés récemment dans le bâtiment administratif du territoire lors des dernières pluies qui se sont abattues dans la cité en date du 30 novembre 2016. Ce conflit n’a pas encore trouvé de solution.
  • Conflit foncier dû à l’occupation illégale des terres entre Populations Hutu, Tutsi des Hauts plateaux contre les chefs des groupements Mbinga-Sud, Nord, Buzi et Minova : Des plaintes judiciaires au niveau de la chefferie et ou des groupements et suivies des disputes ont été constatées. La cause de ce conflit est liée aux ambitions politiques. Il est à l’origine d’un clivage entre les administrés de ces différents groupements. Il est encore non résolu et il n’y a aucune potentialité locale de gestion identifiée.
  • Conflit foncier entre NGEZAYO, SHOMBERE et certains acquéreurs de la plantation Kibirwa/Bulenga et Kagarama/Cibuti dans le groupement Buzi : La plantation en question revenait à Mr NGEZAYO pendant la zaïrianisation en 1974. Etant donné que la taxe exigée n’était pas perçue par l’Etat, celui-ci a alors donné cette concession à Monsieur SHOMBERE. En réponse, monsieur NGEZAYO aurait recruté des éléments des groupes armés depuis 2011 et ces derniers ont expulsé les métayers de SHOMBERE. Celui-ci s’est associé à Mr KAJUKI pour le champ de Cibuti et à Mr KASHALI pour le champ de Bulenga. Le chef de poste, Anicet KASHOGOLA, fut blessé par balles par des militaires soupçonnés être d’origine rwandaise engagés par NGEZAYO. Après, la MONUSCO est intervenue suivie des FARDC pour sécuriser l’espace pendant un temps. Lors de son retrait, la population qui exploite le terrain s’est sécurisée par des mécanismes d’autodéfense mais de manière inefficace. La femme de KAJUKI et son fils ont été assassinés par les présumés envoyés par NGEZAYO sur la route en février 2016. Le conflit est localisé à Bulenga et Cibuti. Actuellement, il est ouvert et est à l’origine des tensions qui risquent d’embraser tout le groupement de Buzi.
  • Conflit entre le Parc National de Kahuzi-Biega et la population riveraine (communauté locale de Katasomwa) autour de l’exploitation des minerais dans cette partie du territoire de Kalehe : La cause est lointaine et part du fait que les rwandophone en provenance de Masisi amenés par un colon belge (Michelin) et chassés lors de la zaïrianisation, exploitent l’or dans cette contrée. Comme conséquence, les gardes du parc s’affrontent régulièrement depuis 2013 contre les milices d’origine rwandaise causant ainsi mort d’hommes. Ce conflit géré par les instances judiciaires locales et provinciales n’est pas encore résolu.
  • Conflit entre les Hutu et la communauté Tutsi : La cause principale est que les Hutus ont emporté depuis septembre 2016au total 204 vaches appartenant aux Tutsis. Il s’en est suivi des affrontements qui ont occasionné 2 morts à Lumbishi dans le groupement de Zirhalo. Pour se maintenir et agir, les hutus ont mis en place un groupe armé appelé Nyatura. Les Tutsi avaient aussi mis en place un groupe armé similaire pour riposter mais qui n’avait pas résisté. Ce conflit reste à ce jour ouvert et il n’existe aucune potentialité locale pour le gérer. Ce conflit a semé des graines de haine qui perturbent la cohésion sociale jusqu’à ce jour.

IV.2. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE DE KABARE

 

  • Conflit foncier entre ISIRHIRA et les exploitants du marais de Cishi dans le groupement de Cirunga, chefferie de Kabare : Ce conflit existe depuis 2008 et se manifeste par des plaintes et des disputes entre les deux parties : Monsieur CIRHABALA, l’héritier, le responsable du marais reconnu par tout le village et Monsieur ISIRHIRA. Ce conflit a impliqué les maraichers et le chef de groupement qui soutient monsieur ISIRHIRA. La cause de ce conflit est liée à la contestation de la vente des parcelles dans le marais par monsieur ISIRHIRA, l’oncle paternel de CIRHABALA. Les conséquences enregistrées sont les menaces des maraichers de la part d’ISHIRIRA, et la fuite de CIRHABALA à Ciriri avec toute sa famille. Pour le moment ce conflit est au niveau de la justice.
  • Conflit de pouvoir lié à l’héritage entre deux chefs de groupement de Bugobe messieurs Musafiri Rwema et Oscar Biringanine Kaba dans la chefferie de Kabare : Ce conflit date de plus de 3 ans et s’est manifesté après la mort de Monsieur MUSAFIRI, le chef de groupement sortant. La population est descendue dans la rue car elle s’attendait à la nomination du fils de feu MUSAFIRI mais cela n’a pas été le cas. C’est plutôt Oscar Kaba qui a été nommé chef de groupement par le chef de chefferie. Messieurs Musafiri Rwema et Biringanine Kaba sont les parties prenantes et les membres de leurs familles ont été impliqués. Ce conflit a engendré plusieurs conséquences dont les arrestations en cascades des membres de deux familles, la division de la population : une partie est pour le fils de Musafiri et l’autre pour Biringanine Kaba. Ce conflit reste ouvert.
  • Conflit foncier entre la population et le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB) dans les groupements de Bugobe, de Cirunga, de Bushwira , de Mudaka, de Miti et de Karambi : Ce conflit est dû à la spoliation des terres par le Parc National de Kahuzi Biega (PNKB) qui a étendu les limites de sa concession de 6000 ha à 600.000ha. Ce conflit date de 2010 et s’est manifesté par des plaintes et le sabotage du parc (la coupe des bambous dans le PNKB) par les populations riveraines de Bugobe, de Cirunga, de Bushwira, de Mudaka, de Miti et de Karambi. La cause principale de ce conflit, c’est la pauvreté. La déforestation, les arrestations, la divagation de certains gorilles jusqu’à Chibingu dans le groupement de Cirunga, et la dévastation des champs de maïs par les gorilles sont les causes et conséquences de ce conflit. En ce qui concerne, les potentialités de gestion, en 2011, le RIO avait initié un dialogue entre le PNKB et la population riveraine. Aussi pour mettre fin à ce conflit, le PNKB a donné les semences de bambous aux populations riveraines pour qu’elles en fassent la multiplication. Le PNKB a recruté et engagé des jeunes comme gardes forestiers. Pour le moment, la tension entre le PNKB et les populations de ces groupements cités ci-haut a baissé.
  • Conflit de pouvoir entre deux chefs de village de Lwangoma dans le groupement de Bushumba : Ce conflit date de plus de 3 ans et s’est manifesté à la mort du chef de village BIHOGO par un soulèvement populaire et la discrimination de la jeune femme nommée en remplacement de son père. Les deux enfants du feu BIHOGO sont à la tête de ce conflit qui a toutefois impliqué d’autres personnes dont les membres de cette famille qui se sont divisés pour soutenir les deux enfants héritiers et leur oncle paternel. La cause de ce conflit est la contestation de la nomination de la jeune femme par son oncle paternel pour remplacer son père. Les conséquences enregistrées sont l’arrestation du président de la société civile sortant de Bushumba, la division de la population, les actes de justice populaire entre les deux camps et la démission de l’actuel président de la société civile. Ce conflit n’est pas résolu jusqu’aujourd’hui bien que le chef de chefferie soit descendu à Bushumba pour dialoguer avec la famille du feu BIHOGO.
  • Conflit de pouvoir entre le chef de village de Cidaho et son Secrétaire dans le sous village de Cidaho : Le conflit a débuté en 2007 et s’est manifesté par l’envoi d’une délégation de la population de Cidaho auprès du Mwami Kabare en vue de revendiquer la violation de leur droit de propriété sur les champs qu’elle détenait dans le marais de Kalwa. Au fait, ce marais avait fait l’objet d’un lotissement par le père du chef Nacigemwa Mugaruka en 1993. Ce chef avait convoqué la population, en présence de son fils Bigomokero Mushosho, afin de lui attribuer des champs contre le « kalinzi ». C’est ainsi que 182 personnes bénéficièrent chacune d’un lopin de terre de 25mx25m. La personne qui remettait en contrepartie une chèvre à titre de «kalinzi » se procurait la concession de manière perpétuelle. Ce sont les « Baganda » qui se chargèrent du mesurage des champs et recelèrent pour chaque lopin de terre une poule et une calebasse de la boisson de banane. L’attribution en 2007 du marais Bomba-Kalwa à Monsieur Nyakura Janvier alias BIOSADEC par Monsieur Nacigemwa Mugaruka, chef du sous-village Cidaho, suscita un conflit. Face à cette situation, la population a été divisée, une partie de la population s’est rangée derrière Jean Baptiste Bingane et une autre derrière Nacingemwa. Ceux qui sont à la base de ce conflit sont le chef Nachigemwa Mugaruka, son grand frère Bigomokore Mushosho, le secrétaire Bingane, et 182 personnes bénéficiaires du lotissement de 1993 et de manière indirecte, Monsieur Nyakura Janvier alias BIOSADEC et le reste de la population de Cidaho qui dépendaient de ces champs. Les conséquences sont économiques et agricoles, les gens n’ont plus de places où cultiver ; ce qui a entrainé la famine et la non scolarisation des enfants. Ce conflit a déjà subi un traitement par la chefferie de Kabare et le RIO a amené les deux parties au dialogue. A l’issue de ce dialogue, les deux parties ont estimé que seul le chef de chefferie pourra apporter une solution définitive à ce litige, par exemple en nommant un chef de village et en octroyant un autre lotissement.
  • Conflit foncier de limite entre le chef de groupement de Bugobe sortant et les éleveurs concernant la colline Nyamiryangwe : Ce conflit date des années 1994 et s’est manifesté par les plaintes des éleveurs comme premiers acquéreurs de la colline contre Monsieur Musafiri qui a cadastré la portion au compte de sa famille après avoir été indemnisé par le HCR. La concession de MUSAFIRI mesurait 5ha mais il avait spolié 2,5 ha des éleveurs. Les parties prenantes directes sont les éleveurs et Monsieur Musafiri. Quant aux parties prenantes indirectes, on retrouve le service de cadastre et les autres membres des familles d’éleveurs et de Musafiri. La cause de ce conflit est la spoliation de la colline Nyamiryangwe par MUSAFIRI au compte de sa famille. Les arrestations, et les menaces de la part des éleveurs sont les conséquences qui ont été engendrées. En ce moment, le conflit est au parquet de Kavumu et il n’y a pas encore de jugement.
  • Conflit foncier entre la population de Lwiro/Katana et Monsieur Muller autour de la plantation BISHIBIRU ou Eaux Noires : Ce conflit date des années 2000 et s’est manifesté en 2012 avec l’assassinat de Monsieur Muller dans son champ par la population. Suite à cet assassinat, le député provincial, l’honorable BATUMIKE qui plaidait en 2016 la cause de la population aurait entretenu  plus tard une milice dénommée « Vijana wa Yesu » c’est-à-dire en swahili, la jeunesse de Jésus. Cette milice a causé d’innombrables crimes et violences, y compris le meurtre en 2016 de Monsieur KASALI, activiste des droits de l’Homme qui a dénoncé certains crimes en 2013. La milice opère encore en clandestinité et commet plusieurs forfaits (assassinats ciblés, coupures de route sur l’axe Bunyakiri). Monsieur Muller, la population riveraine de cette plantation et l’honorable Batumike sont à la tête de ce conflit et la population de Lwiro a été impliquée. La convoitise de cette plantation par la population riveraine est à la base de ce conflit. Les conséquences sont les violations des droits de l’homme, l’activisme de la milice ‘Vijana wa Yesu’. Quant aux potentialités de gestion de ce conflit, aucune tentative de résolution pacifique n’a été entamée ; sauf qu’avant sa mort, Monsieur Muller est allé se plaindre à la justice et actuellement l’honorable Batumike est arrêté.
  • Conflit foncier lié à l’élargissement de la piste d’aviation à Kavumu entre la Régie des Voies Aériennes (RVA) et la population : Ce conflit date de 2003. Il s’est manifesté suite à la vente des parcelles qui s’est opérée en 2014 par un Administrateur de la RVA après un long moment d’inoccupation par la RVA alors que la population a été expropriée en 2003.Ces nouveaux acheteurs qui ne sont pas arrivés à construire sont aujourd’hui contraints de libérer cette partie pour l’élargissement de la piste de l’aéroport. Bien que le financement existe déjà, les travaux n’ont toujours pas commencé. La RVA est toujours en tractation avec les occupants illégaux et cela risque de constituer encore un blocage.
  • Conflit foncier entre la population de Maga et les acquéreurs de la plantation Van YVES et la famille CIGANGU dans le groupement de Cirunga : Ce conflit date de 2004 et s’est manifesté par le soulèvement populaire, les destructions méchantes et empiètements, les tirs des balles entraînant des blessures sur 3 personnes lors de l’arrestation par la police d’un membre de la communauté. Cette dernière, irritée, a barricadé la route en date du 13 octobre 2016. Les parties prenantes directes à ce conflit sont les acquéreurs de la plantation Van YVES et Monsieur CIGANGU. Toutefois il a impliqué les populations de Maga 1, 2 et 3. A la base, on note la spoliation de 2.5ha par CIGANGU à la plantation Van YVES. Les menaces de la population, les arrestations, les actes de justice populaire et la destruction des plantules dans cette plantation sont des conséquences engendrées par ce conflit qui est aujourd’hui traité au niveau de la chefferie.
  • Conflit foncier entre la population du centre MITI-SHUNI « Société du Haut Uélé et du Nil » et la paroisse de Murhesa : Il date de longtemps et s’est manifesté en 2016 par des empiètements de la population de MITI-SHUNI et les plaintes de la paroisse de Murhesa. La spoliation des parcelles des paysans par la paroisse est à la source de ce conflit, qui jusqu’à ce jour, reste ouvert et aucun acteur de paix ne s’y implique.
  • Conflit entre la population locale et les peuples autochtones pygmées à MITI-INERA dans le groupement de Miti : Ce conflit date de 2008 et s’est manifesté parle vol des récoltes par les peuples autochtones pygmées en usant des armes blanches. Les peuples autochtones pygmées et la population environnante de l’INERA sont à la tête de ce conflit. La cause principale est que les pygmées pensent qu’il est possible de récolter là où l’on n’avait jamais semé sans être inquiété. Ces pygmées avaient été délocalisés du Parc National de Kahuzi-Biega qui était leur milieu de vie traditionnel et où ils vivaient de la chasse et de la cueillette. Les conséquences engendrées par ce conflit sont la rupture de la cohésion sociale entre les deux communautés. Ce conflit n’a pas encore eu des solutions durables bien que les peuples autochtones pygmées soient toujours sensibilisés par le service communautaire du PNKB contre la récolte dans les champs des voisins sans autorisation.

IV.3. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE D’IDJWI

  • Conflit entre les jeunes et les vieux accusés de s’accrocher aux postes /pouvoir (conflit de leadership ou de génération) : Les jeunes sont manipulés par des acteurs délocalisés en quête de positionnement politique et/ou social. Ce conflit, causé par la jalousie des jeunes, a entraîné l’adhésion des jeunes aux groupes armés, le banditisme et des assassinats ciblés dans le village de Kasihe. Le conflit date de 2014 et n’a pas encore été résolu.
  • Conflit économique lié à l’insuffisance de l’enregistrement des mariages à l’Etat-civil: Il s’est manifesté par des plaintes et des querelles dans les familles précisément entre le mari et son épouse. Les membres de deux familles respectives se rangent de chaque côté des époux selon qu’il y a des intérêts à protéger. La cause principale étant l’égoïsme de l’homme dans le monopole de la propriété et de la gestion des biens. Ce conflit a entraîné plusieurs dislocations familiales. Il date depuis l’instauration du code de la famille de 1987. Ce conflit est en cours dans les deux chefferies : Ntambuka et Rubenga.
  • Conflit foncier dans les deux chefferies (Ntambuka et Rubenga) : Il est causé par une convoitise des terres. Il se manifeste par l’occupation illégale des terres et les empiètements des limites. Il s’est soldé par les querelles, les assassinats, les arrestations, les tortures voire les plaintes. Il s’agit d’un vieux conflit qui touche les populations de deux chefferies, qui pour les uns, violent les espaces et pour les autres, subissent cette violation. Ce conflit n’a pas encore été résolu.
  • Conflit de leadership entre la 8èmeCEPAC et la 5ème CELPA : Un pasteur de la 8è Communauté des Eglises de Pentecôte au Congo (CEPAC) excommunié et accueilli par la 5è Communauté des Eglises Libres de Pentecôte en Afrique (CELPA) comme responsable, crée une mésentente entre les deux communautés locales de l’Eglise du Christ au Congo (ECC). Ce conflit date de et n’a jusque là pas été géré par une structure quelconque de paix dans le village Mafula.
  • Conflit économique entre les exploitants pécheurs du lac Kivu et les marins rwandais : Les causes du conflit sont la convoitise et la pauvreté de la part des marins rwandais. Il se manifeste par des extorsions des filets par les éléments rwandais, des tueries des pêcheurs sur le lac Kivu et des prises d’otages des pêcheurs congolais pour les rançonner plus tard. Les conséquences sont fâcheuses car elles influent même sur la production et la survie des communautés locales qui vivent essentiellement de cette pêche lacustre dans les chefferies de Rubenga et Ntambuka. Il date de 2011 à nos jours. Ce conflit est encore d’actualité.

IV.4. LES CONFLITS DANS LA VILLE DE BUKAVU

  • Conflit entre les homosexuels et les hétérosexuels : Ce conflit est en phase de latence mais il a éclaté sur l’avenue Mimoza/plage, quartier Nyalukemba, en commune d’Ibanda. Ce conflit date de 2014 et s’est manifesté par des insultes, des mésententes et de mépris à la suite de la présence des homosexuels. La cause principale est l’intolérance des homosexuels dans la ville de Bukavu car ce phénomène est nouveau. Les conséquences engendrées sont entre autres l’imitation par des jeunes et la propagation des maladies sexuellement transmissibles. Jusqu’à présent ce conflit n’a pas encore subi de traitement à part des sensibilisations dans les familles et dans les églises de la ville de Bukavu.
  • Conflit entre les particuliers expropriés et l’Etat congolais dans la ville de Bukavu suite à la construction des routes : Ce conflit date de 2014 et s’est manifesté par les plaintes de la population et des arrestations. La population victime de la démolition et le gouvernement provincial sont les parties prenantes dans ce conflit. La cause principale est l’ignorance de la loi et des normes urbanistiques. Pour le moment, les tensions ont diminué bien que certaines personnes réclament l’indemnisation.
  • Conflit foncier entre les marchands du beach Muhanzi et la famille Balegamire, propriétaire de ce terrain dans la commune de Kadutu : Ce conflit date de plus de 15 ans et s’est manifesté par les plaintes, le déguerpissement des marchands. Monsieur Balegamire et les marchands du Beach Muhanzi sont à la tête de ce conflit. Il y a eu l’implication de la mairie et les membres de la famille de Balegamire. L’occupation illégale de cette parcelle est à la base de ce conflit. La mairie a érigé le marché dans la parcelle d’un particulier qui jusqu’aujourd’hui réclame sa parcelle ou l’indemnisation. L’affaire est actuellement au niveau de la justice.
  • Conflit environnemental entre la population et la mairie de Bukavu : Ce conflit date de plus de 15 ans et s’est manifesté par les dépôts des ordures aux endroits non appropriés. Le manque de dépotoirs dans la ville de Bukavu est à la base de ce conflit. La mairie et toute la population de la ville sont des parties prenantes. Les conséquences sont les maladies, les bagarres et les arrestations. Ce conflit a été analysé par le RIO. La mairie de Bukavu, en partenariat avec des organisations privées, se charge de l’évacuation des déchets et ordures. Cependant, la population habitant le site où ses ordures sont jetées (Cidaho) se plaint du fait qu’elles sont déposées pèle mêle et qu’elles peuvent occasionnées des maladies. Des pourparlers sont en cours pour analyser la possibilité de bien traiter ces ordures sans nuire à la population.
  • Conflit socioéconomique entre les démobilisés et le gouvernement : Ce conflit date de 2012 et s’est manifesté par le soulèvement des démobilisés dans le camp militaire de Bagira. Le non-respect des engagements de l’intégration socio-économique par la Commission Nationale de Désarmement et Réinsertion (CONADER) est la cause principale de ce conflit. Les démobilisés ont commencé à passer la nuit sous la belle étoile, et ont commencé à voler pour vivre. Ce conflit a connu l’implication de la 10èmerégion militaire mais il n’y a pas eu de solutions durables. Jusqu’à présent le conflit persiste.

IV.5. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE DE FIZI

  • Conflits dus à la transhumance : Les conflits de transhumance opposent des éleveurs essentiellement Banyamulenge qui partent de Minembwe et de Bibokoboko où vivent des éleveurs vers des zones de pâturages aux communautés des agriculteurs majoritairement Babembe (Babembe, Babwari, Bafuliiru, Banyindu, Babuyu, Bavira). Ces zones sont des villages se retrouvant sur les quatre secteurs de Fizi à savoir Lulenge, Mutambala,Ngandja et Tanganika. Ces villages sont Sangya, Lusenda, Lubumba, Kilicha, Ngandja Milima, Lubondja, Lulimba, Sebele, Nemba, Kafulo, Kaseke, Lubumba, Kagembe, Mukera, Salakundu, Bilungulungu, Kakela I et II. C’est à partir de 1996 que la violence autour de la transhumance a pris de l’ampleur. En effet, entre mai et octobre, les zones de départ des bovins connaissent la rareté de l’herbe pour fourrage que le bétail se meut vers les zones ayant l’herbe. Au cours de leurs déplacements, des bovins dévorent des cultures. Cette dévastation oppose l’un ou l’autre agriculteur à l’éleveur concerné. Souvent, ces interlocuteurs ne s’entendent pas de sorte que l’agriculteur finit par se venger en blessant la vache. De là, la situation évolue parfois vers la violence. Les causes de ces conflits sont : la divagation des bêtes, des blessures ou tueries des vaches par les agriculteurs, le non-respect des zones réservées à l’agriculture par les éleveurs, l’absence de la traçabilité déterminant les zones/chemins de passage des vaches, leurs kraals et leurs espaces pour abreuvoir, et le non versement de ‘’Itulo’’ (ou sa mauvaise gestion) [1] par certains éleveurs et qui les opposent aux chefs coutumiers[2]. Parfois des groupes et des éléments armés de deux côtés interviennent exacerbant ces conflits qui en arrivent parfois à la mort d’hommes.

Depuis 2010, les communautés de Fizi et d’Uvira ont mis en place des structures intercommunautaires appelées Cadres de Concertation Intercommunautaire(CCI) pour identifier et transformer des conflits dans ces territoires. Ceux-ci ont conduit ces communautés à mettre en place des accords sur la transhumance visant une gestion apaisée de la transhumance. Ils poursuivent un processus de plaidoyer auprès des autorités provinciales pour que ces accords soient coulés en édit sur la transhumance au Sud-Kivu. Le Projet STEP poursuit les mêmes efforts par la création des Noyaux de Cohésion intercommunautaire. Une solution durable au problème entre éleveurs et agriculteurs sur la gestion de la terre proviendra de la pratique de l’élevage en stabulation.

  • Le conflit lié au contrôle des ressources naturelles opposant la société CASA MINING aux exploitants miniers à Misisi : Ce conflit a une dynamique complexe dont deux aspects très perceptibles sont l’opposition de CASA Mining aux populations appuyées par les groupes armés et le conflit entre le chef du village de Misisi, groupement des Basikasilu, secteur de Ngandja, Monsieur Katombo et son frère Ernest Kitungano. Depuis 2012, CASA Mining s’oppose aux exploitants miniers artisanaux appuyés par le groupe armé FAAL (Forces Armées Alléluia)[3] sur l’exploitation minière à Misisi dont la colline Akyanga. Au vu des enjeux,[4]on trouve, aux côtés de ces acteurs primaires, une mosaïque d’acteurs (politiciens et hautes personnalités politico-administratives et militaires, représentants des populations, famille régnante de Misisi). Ce conflit de Misisi est complexe.

En effet, depuis les années 1960, les populations ont toujours exploité clandestinement les mines à Misisi. En 1982, l’Etat libéralise l’exploitation minière artisanale. En 2009, CASA Mining obtient l’autorisation de prospection et d’exploitation des mines à Misisi (dont la colline Akyanga). Les populations se sont opposées à ce contrat. Dans des divergences entre cette entreprise et les populations, le groupe armé Forces Armées Alléluia (FAAL) a soutenu la population en menaçant d’expulser l’entreprise et de détruire ses installations. Ce conflit a des conséquences économiques et politiques : le pouvoir n’arrive pas à canaliser les taxes de Misisi et même la gestion du village lui-même. C’est dans ce cadre qu’une dynamique des dialogues sociaux initiés par le gouvernement provincial sur l’exploitation minière n’a pas abouti. Les populations se sont résolument opposées. Le conflit foncier entre CASA Mining et les opérateurs miniers de Misisi a causé un antagonisme au sein de la famille du chef de village de Misisi, Monsieur Katombo Fils. Son frère Kitungano Ernest, soutenu par certains membres de famille, accuse Katombo d’avoir cédé la colline Akyanga à CASA Mining. Cette aile exige son départ de la gestion du village, lequel village a les allures d’une ville de parles échanges liés aux exploitations minières.

  • Conflit des limites entre le groupement de Bashimukuma-Sud et celui des Balala-Sud dans le secteur Mutambala: Les chefs de groupement des Balala Sud et des Bashimukuma Sud appuyés par leurs populations respectives revendiquent un espace fertile, Kitete, qui s’étend plus dans le groupement Bashimukuma, qui s’est créé suite aux alluvions laissées lors des déplacements du lit de la rivière Mutambala. Kitete est une partie très fertile abritant un grand nombre d’agriculteurs à tel enseigne qu’un ha se loue à 100 dollars à Kitete tandis qu’ailleurs dans les environs, cette location ne vaut que 40 dollars la saison[5].Ce conflit prend plus d’ampleur vers les années 2010, avec la sollicitation des terres même par les autorités[6]. En 2013, le chef de groupement des Bashimukuma a été suspendu par l’administrateur du territoire de Fizi qui l’accusait de manipuler sa population sur ce conflit. Il s’observe également des tensions entre deux clans voisins peut provoquer des violences inter claniques.
  • Conflits liés à la justice populaire : Pour une opinion, la justice populaire relève de l’incapacité de l’Etat à assurer la protection des populations, pour une autre, il s’agit de la méchanceté de la jeunesse liée à la faiblesse de l’autorité de l’Etat et enfin, il s’agit de l’épuration de la société des personnes jugées nuisibles.

En effet, sur base, soit des soupçons, soit des déclarations de ce que les proches d’un défunt considèrent comme visionnaire religieux ou féticheur, un groupe des gens, généralement des jeunes, lapident et parfois brûlent vif l’individu présumé sorcier. Face à cette masse compacte, le pouvoir reste inactif. Cette impunité suscite la répétition de cette pratique. C’est ainsi que de tels cas sont nombreux dans le secteur de Tanganika[7] et ont tendance à se répandre dans d’autres secteurs. Ce conflit a de graves répercutions sur les droits humains. Des personnes parfois innocentes sont tuées, la dignité humaine est foulée au pied, la loi violée au vu et au su de tout le monde ; l’anomie s’installe donc. Les autorités étaient tenues de faire observer la loi.

IV.6. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE D’UVIRA

  • Conflit du contrôle de pouvoir coutumier entre Albert Mukogabwe et Adam Kalingishi au niveau du pouvoir de la chefferie des Bafuliiru : Ce conflit oppose Albert Mukogabwe à Adam Kalingishi. Ils se disputent le contrôle du pouvoir de la chefferie des Bafuliiru. Le prince Albert Mukogabwe II Muzimawa Simba, assumait l’intérim de son grand frère Ndare Simba Simon qui séjournait en Europe pour raison d’études. A la mort de son père sa Majesté Namugira, en 1978, Albert se s’autoproclame Mwami des Bafuliiru en brandissant le testament du défunt et obtient l’arrêté de reconnaissance du ministère de l’intérieur. Une poignée des Banjoga le soutiennent, d’autres le conteste. Son grand frère, sa majesté Ndare Simba Simon, conteste son pouvoir à son retour de l’Europe. Le Ministère de l’intérieur tranche et reconnaît l’autorité de son grand frère et l’investit en annulant le premier acte. Cependant, le prince Albert confisque le diadème (« Lushembe[8] ») qu’il refuse de rendre à son grand frère. Au moment du décès de son grand frère en décembre 2012, deux tendances opposées se dégagent parmi les Bafuliiru. L’une soutient l’application de la règle d’hérédité confiant le pouvoir à son fils Adam Kalingishi, l’autre réclame l’investiture du prince Albert. Enfin de compte, la première tendance l’emporte sur la seconde. Adam Kalingishi, fils aîné du mwami Ndare, est intronisé. Mais le prince Albert conserve toujours le diadème et refuse de le céder à son neveu. Quelques temps après, des jeunes, des femmes et des sages de son obédience se soulèvent et organisent le sit-in à Lemera. Des leaders politiques, religieux, sociaux s’immiscent et politisent le conflit, ils divisent la communauté en deux camps, un camp comprenant certains leaders politiques, des sages, des « Banjoga », des jeunes et des membres de la dynastie, des autorités étatiques tant nationales que provinciales écrivent une lettre réclamant la nomination du prince Albert comme Mwami, une autre faction fait de même.

En effet, l’enjeu de ce conflit est lié à la gestion du pouvoir coutumier, du patrimoine de la famille royale, des recettes de la chefferie (taxes, rétrocessions, dons). Le Noyau de Cohésion Intercommunautaire de Lemera (NCI Lemera)[9], structure mise en place par les communautés vivant à Lemera avec l’accompagnement du RIO/ECC dans le cadre du projet STEP, a déjà initié un processus de médiation pour apporter sa contribution à la transformation de ce conflit. En 2016, lors de la présentation de la cartographie au Conseil Consultatif Provincial, c’est Monsieur Albert Mukogabwe II Muzima Wa Simba qui dirigait la chefferie.

  • Conflit du contrôle de pouvoir coutumier entre la famille régnante et les intérimaires au sein de la chefferie Plaine de la Ruzizi : Dans la chefferie Plaine de la Ruzizi, un conflit de pouvoir coutumier oppose la famille régnante et les intérimaires’’[10]. Ce conflit oppose des leaders Bafuliiru aux leaders Barundi de la Plaine de la Ruzizi autour de la gestion du pouvoir. Prennent part à ce conflit certains acteurs politiques, opérateurs économiques Bafuliiru et Barundi. Et à côté de ces derniers, une opinion range certains Banyamulenge. Ce conflit a commencé depuis les années 1960. Il oppose les Bafuliiru aux Barundi de la Plaine de la Ruzizi. Pour les Bafuliiru, le pouvoir colonial qui a érigé la Plaine de la Ruzizi en chefferie devant être dirigée par ‘’un des membres de la communauté Barundi’’ a accordé leur terre aux Barundi. Pour cette raison, les Bafuliiru estiment que ce sont eux qui doivent diriger la chefferie, car c’est leur terre. Pour les Barundi, la chefferie a été créée par le même pouvoir qui a créé celle des Bafuliiru et celle des Bavira. Le même pouvoir leur a confié la gestion de la chefferie comme il l’a fait pour les Bafuliiru et les Bavira. Les Barundi estiment être les détenteurs légitimes du pouvoir coutumier de cette chefferie. Ce conflit est à la base de beaucoup de violences ; par exemple le village de Mutarule a connu 4 massacres au cours de l’année 2014, la route nationale N° 5 connaît des barricades récurrentes. Ce conflit affecte aussi bien les Barundi et les Bafuliiru, les Banyamulenge et d’autres communautés vivant dans la plaine. Il y a eu des déplacements des populations. Beaucoup d’acteurs travaillent autour de ce conflit pour contribuer à sa transformation. Les causes du conflit sont ancrées dans l’histoire, il faudrait des actions synergiques qui prennent en compte ses causes profondes.
  • Conflit autour de la gestion du groupement de Bijombo : Il oppose certains leaders de 4 communautés Bafuliiru, Bavira, Banyamulenge et Banyindu. L’enjeu concerne la gestion du pouvoir coutumier de groupement à Bijombo. Ce conflit est localisé dans le groupement de Bijombo en chefferie des Bavira. Il est lié à l’incapacité du chef de chefferie des Bavira à désigner un prince comme chef de groupement pour maintenir la cohésion sociale. Coutumièrement, seul un prince issu de la dynastie Benelenghe[11] doit accéder au poste de chef de groupement. La création, par le Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) du territoire de Minembwe en 1999, qui s’étendait à Bijombo, avait donné la latitude de désigner un chef de groupement à l’administrateur du nouveau territoire. Le territoire n’ayant pas été reconnu par l’Etat central après la réunification du pays en 2003, le chef de chefferie nomma un prince à ce poste. Ce dernier fut dans l’impossibilité de s’installer à Bijombo à cause de l’insécurité semée par un groupe armé. Ce dernier a d’ailleurs procédé à la mise en place d’une nouvelle administration animée par de nouveaux chefs. A ce jour, quatre personnes nommées par les instances différentes se disputent le poste. Ce conflit a des conséquences néfastes. Les groupes armés[12] font la loi : des arrestations arbitraires, des taxes sont perçues selon les humeurs des éléments armés, des barrières payantes sont érigées selon les factions des groupes armés, l’autorité de l’Etat n’est pas ressentie. Ce conflit a une influence dans la chefferie de Bufuliiru, et plus précisément dans le village de Bibangwa situé dans le groupement de Lemera ainsi que dans le groupement de Kigoma.
  • Conflit foncier entre des chefs coutumiers et des propriétaires de lopins de terredans la Plaine de la Ruzizi : Depuis les années 1964, le Mwami et les chefs coutumiers attribuent des terres. Ils en ont attribué à des personnes nanties, locales et celles provenant de Bukavu et d’ailleurs au détriment des populations locales. Après ces dernières guerres avec la succession des gestionnaires du pouvoir dans la chefferie, la situation s’est aggravée. Les populations se voient déshéritées et s’opposent à ces grands propriétaires et les chefs coutumiers qui ont participé à ce qu’elles considèrent comme l’aliénation de leurs terres. Ce conflit prévaut dans les groupements Kakamba, Luberizi, Kabunambo et Kiliba. Cette situation engendre des destructions des cultures et des bagarres. En 1997, il y a eu des tentatives de résolution de ce conflit par le pouvoir coutumier et le tribunal de grande instance de Bukavu. Il faudrait porter une attention à cette situation pour éviter des violences. Cette situation se rencontre aussi dans certains villages de la chefferie des Bafuliiru : c’est le cas du conflit qui opposait l’Eglise locale 8ème CEPAC Bethel de Nyamutiri, à la population du même village, groupement de Lemera sur le terrain de Kabumenge[13].
  • Conflit d’intérêt économique lié aux vols des cultures dans les champs : Dans la plaine de la Ruzizi, un réseau transfrontalier des personnes armées récolte des produits des champs. Parfois ce réseau opère au vu et au su des agriculteurs et des services de sécurité congolaise impuissante[14]. Ces produits sont ensuite transportés et vendus au Burundi. Ainsi, dès qu’un champ a subi ce sort, les agriculteurs congolais se précipitent à récolter les autres champs même si les cultures ne sont pas à maturité. Ce phénomène est vécu le long de la rivière Ruzizi. Cette situation constitue une cause d’insécurité alimentaire et physique des personnes. A côté de cette récolte précoce, le village de Sange aurait un cas particulier d’insécurité. Selon, notre source, dans une rencontre tenue à Sange le 1er octobre 2016, organisée par les ressortissants de Sange vivant à Uvira, les participants ont déclaré qu’il y aurait un groupe des jeunes identifiés qui sèment l’insécurité à Sange et ses environs. Entre 2014 et 2016, 150 personnes auraient été déjà tuées dans ce village et ses environs. Ce constat malheureux serait lié à l’insuffisance des effectifs des forces de sécurité (Sange avec une population de plus de 55.000 personnes n’a que 3 éléments PNC et 8 éléments FARDC).
  • Le conflit foncier opposant des rapatriés aux résidents dans le territoire d’Uvira à Uvira : L’accueil des populations déplacées a engendré une dynamique des conflits à côté des eaux thermales de Kavimvira dans le groupement de Kagando, chefferie Plaine de la Ruzizi et dans le groupement Katala voisin, situé en chefferie des Bavira.

Dans le groupement de Kagando : le conflit foncier oppose des habitants de Kagando d’avant la guerre de 1996 contre les services de l’Etat, les autorités locales et les rapatriés. En 1994, l’Organisation des Rapatriés Congolais(ORAC) obtint un lotissement à Kagando auprès des autorités, sur demande du HCR. Les services de l’Etat ont distribué des parcelles aux rapatriés. Les populations locales se sont opposées aux services de l’Etat et à leurs chefs accusant ces derniers de complices avec ceux qui les déshéritaient. Elles s’opposaient également aux rapatriés qui avaient acquis des terres dans leurs milieux. Dans cet imbroglio, certains membres des services de l’Etat, certains chefs coutumiers et même quelques-uns parmi les gestionnaires d’ORAC ont participé à la vente des parcelles non mises en valeur par ces acquéreurs. La guerre de 1996, a provoqué de nouveaux mouvements des populations, aussi bien rapatriés que résidents. A leur retour, des rapatriés et même certains résidents qui n’avaient pas mis en valeur leurs terrains ont trouvé que ceux-ci avaient été attribués à de nouveaux acquéreurs. Cette opération a augmenté le nombre des conflits et leur intensité. Malgré la couverture de ce lotissement par un arrêté de Son Excellence Monsieur le Gouverneur de Province du Sud-Kivu en1999, les conflits y sont multiples. Les autorités devraient gérer cette situation avec délicatesse sinon elle risque de perturber la paix sociale.

Dans le groupement de Katala, Chefferie des Bavira : le conflit foncier oppose la chefferie des Bavira aux services de l’Etat sur le lotissement Rutemba, en groupement de Katala. Pour installer les déplacés de Vyura, Son Excellence Monsieur le Gouverneur de la Province du Sud-Kivu, en 2004, signe un arrêté couvrant le lotissement de Rutemba, village Kala en groupement de Katala, Chefferie des Bavira. Les bénéficiaires ne s’y sont pas installés étant donné que le chef de chefferie de Bavira s’est opposé à ce lotissement. Il est entré en conflit avec les services des cadastres et des titres fonciers les accusant de vouloir distribuer les terres dépendant de la coutume sans l’aval de la chefferie. Il y a eu des procès au tribunal de grande instance d’Uvira entre ces protagonistes.

IV.7. CONFLITS DANS LE TERRITOIRE DE WALUNGU

  • Le conflit du contrôle de ressources naturelles à Mukungwe dans le groupement de Mushinga opposant Mr. Kurhengamuzimu à Mrs Cunu Ntabala, Rubango et Bwalike : Ce conflit oppose la famille Kurhengamuzimu à celle de Cunu dans le groupement de Mushinga en territoire de Walungu. En effet, la famille Cunu a acquis, de Kurhengamuzimu, un champ dans le village de Mukungwe moyennant redevance coutumière (kalinzi). Plus tard, il sera découvert un gisement d’or dans ce champ. Cette découverte va pousser le chef de groupement de Mushinga, Monsieur Kurhengamuzimu à retirer son acte de cession, arguant qu’il avait cédé le sol et non le sous-sol à son sujet Cunu. Ce dernier, incapable d’affronter le chef Kurhengamuzimu va chercher un appui de la famille Rubango qui a des moyens financiers conséquents afin de récupérer le champ. Le dossier a fini par prendre les dimensions politiques et militaires car le fils du chef Kurhengamuzimu va mettre en place une milice (Mudundu 40) qui avait été soutenu par le gouvernement et dont l’un des objectifs était de protéger les biens de sa famille. Plus tard, le gouvernement va céder cette partie à la société BANRO pour y exploiter l’or. Cette société n’a jamais exploité le lieu car les différentes parties en présence qui se disent propriétaires s’opposent. Le problème principal de ce conflit est donc l’exploitation du sous-sol à Mukungwe. Les conséquences sont les assassinats, les disputes, le pillage, le déplacement des populations, l’enrichissement illicite, la militarisation de la zone, les barrières, etc. Quant aux causes, on relève la remise en question des accords signés, la corruption, la mauvaise gouvernance, la défaillance de l’Etat, etc. Des acteurs connecteurs sont multiples : le gouvernorat, le pouvoir central, la chefferie de Ngweshe, le tribunal de paix de Walungu, le tribunal de première instance, etc. Ils ont essayé de rapprocher les antagonistes ou d’appliquer des mesures susceptibles de ramener la paix, mais en vain. L’association sans but lucratif, Organisation Gouvernance et Paix a déployé des efforts énormes pour tenter de réconcilier les intérêts des uns et des autres, harmoniser leurs relations avec la société BANRO qui a acquis la concession. La dernière rencontre a vu la signature des accords entre BANRO, Cunu et Rubango. Ce conflit violent et armé est très complexe, il mérite une attention des acteurs impliqués.
  • Le conflit de pouvoir coutumier en groupement de Kaniola opposant l’actuel chef Vuningoma et l’ancien Chef Chiyoka : Ce conflit de pouvoir sévit au niveau du groupement Kaniola, chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu. Il oppose Mr Vuningoma, le nouveau chef de groupement à un ancien chef de groupement, du nom de Chiyoka. Le chef honoraire veut récupérer le pouvoir. Ainsi, il a tenu des réunions avec ses acolytes dont Nyunda, Ruhana Mirindi au cours desquelles ils ont rédigé des messages qu’ils ont radiodiffusés et ils ont écrit des lettres dénigrant le chef, enfin ils ont proféré des menaces de mort à l’égard de Vuningoma, La société civile de Budodo et de Kaniola centre ont manipulé la population qui ont organisé des marches. Ce conflit date de 2012 ; il est ouvert. C’est un conflit saillant car il affecte directement le groupement de Kaniola et indirectement la chefferie de Ngweshe.
  • Le conflit foncier opposant Mulinganya Charles à 30 ménages du village de Njove et de Cibeke : Ces familles s’opposent à la délimitation de la concession de Mulinganya qui veut les exproprier. En 1987 Mulinganya Charles s’installe sur la colline à Njove, groupement de Burhale en chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu où il trouve des familles dont celle Basalira arrivée depuis 1945. En 2010, Mulinganya présente les documents signés par Baganda conservateur, attestant que le site lui appartient. Il amène des éléments de la police pour déguerpir tous ses voisins. 30 familles sont concernées. Les éléments de police venus dans l’opération, harcellent les femmes, détruisent des maisons, et tentent d’arrêter et enlever le chef de groupement. Ce conflit a été introduit et traité par le tribunal coutumier au niveau de la chefferie de Ngweshe. Actuellement, il se trouve au niveau du tribunal de grande instance de Bukavu.
  • Conflit d’intérêt social lié à l’adduction d’eau dans le groupement de Muchingwa : Le groupement de Cihumba a une source d’eau. International Rescue Commitee capte cette source et conduit l’eau à Muchingwa, chef-lieu de la chefferie de Kaziba qui était bénéficiaire du projet. Muchingwa abrite beaucoup d’infrastructures socio-économiques. Cette adduction traverse le groupement de Cihumba sans l’alimenter sauf chez le chef de groupement. Un habitant de Cihumba, du nom de Cikomola, vivant à Goma, dont les tuyaux conduisant l’eau à Muchingwa passaient devant sa concession a corrompu des plombiers du comité local chargé d’eau à la chefferie, qui l’ont connecté. Quand le débit d’eau abaissé à Muchingwa, cette situation a suscité des remous dans ce groupement. Le comité d’eau de Muchingwa a saisi la chefferie. Les habitants de Cihumba continuaient à réclamer le raccordement. Pour résoudre ce conflit, la chefferie a occasionné la coupure d’eau à cette famille raccordée clandestinement et a acheté des tuyaux pour faciliter le raccordement à certaines familles de Cihumba, puis elle a favorisé la sensibilisation sur la réhabilitation du réseau d’eau de Cihumba. C’est ce conflit qui a été analysé et le dialogue entre les représentants de deux groupements a rétabli les bases de leur cohabitation pacifique. L’eau a été raccordée grâce à l’apport de la chefferie, un travail de sensibilisation auprès des villages de Cihumba a été impulsé pour réhabiliter le réseau d’eau. Ainsi l’harmonie a été rétablie entre les deux groupements, dont les représentants dans cette phase d’analyse du conflit déclaraient que rien ne pourrait les diviser.
  • Le conflit foncier lié à la spoliation du cimetière à Kamanyola : Ce conflit oppose des acquéreurs des terres et certains services de l’Etat à la population du groupement de Kamanyola. La cause du conflit est la spoliation du cimetière de Kamanyola. Certains acquéreurs et services de l’Etat viennent construire dans la concession du cimetière. En dépit du fait que la population proteste, certaines personnes sont parvenues à ériger leurs bâtiments. Egalement certains services de l’Etat ont usé de leur pouvoir pour construire leurs bureaux spoliant ainsi le cimetière. Le chef de groupement actuel, Migabo Cubaka qui a succédé son oncle paternel Chishibanji Wa Kasole, en 2008, a trouvé ce conflit. Face à ce défi, la population a opté pour la destruction de toute construction ou culture qui s’effectueraient sur ce terrain. Parmi les prétendants propriétaires d’une partie du cimetière, on trouve la famille Kapupu Duwa, fils d’un ancien leader de Kamanyola Monsieur Duwa Mutimanwa. Il semblerait que les notables et tous les sages de Kamanyola estiment que les bornes posées par les services du cadastre à l’avantage de la famille Kapupu l’ont été clandestinement. Les populations n’ont jamais été en justice, mais elles organisent des manifestations publiques. Une femme leader a déclaré que la population est déterminée à défier quiconque oserait s’approprier cet espace qui appartient à la population. Elle exige au pouvoir un autre espace en échange, par exemple, vers chez Mukuku W’Etunda à Kambara pour qu’elle cède. Devant cette prise de position de la masse et la persistance de ces prétendants ayant droit, il est urgent que le pouvoir s’investisse pour qu’il ne se déchaine une violence provoquant de graves conséquences.
  • Le conflit culturel opposant certains Bashi à certains Balega autour du rite Kimbilikiti dans le groupement de Rubimbi et de Mulamba : Depuis l’année 2000 des Balega de Rubimbi, se mobilisaient au début de la saison sèche et allaient dans le village de Karembo loin des habitations, en groupement de Rubimbi pour participer aux rites d’initiation Kimbirigiti (Lutende). Cette pratique s’est observée pendant plusieurs années et aucun mushi n’était dérangé au retour comme à l’aller. Depuis 2015, la pratique est devenue obligatoire et même agressive, sans distinction de tribu. Son but devient lucratif. Parfois, pour contraindre les membres d’autres communautés, des initiés Balega se déguisent en groupe armé Raia Mutomboki. Sur leur passage ils agressent la population, frappant à toutes les portes pour exiger argent, poules, chèvres, porcs, et autres biens de valeur. Lorsque quelqu’un ne donne rien, il est soumis à des tortures et parfois emporté en forêt. Ils ont même démoli des maisons des particuliers et un bureau de la police. Un jour, la police avait arrêté un prétendu Kimbirigiti avec du sang humain puis elle l’a relâché.

Pour les Bashi, ils n’ont pas la même culture avec les Balega. Chaque communauté a la sienne. Et aucune communauté ne peut imposer sa coutume à une autre communauté. « omwanya gw’ecihugo gurhalya gundi». Pour eux, les Balega doivent respecter la culture des Bashi, d’autant plus qu’ils sont sur le territoire des Bashi. Il s’agit d’un conflit culturel mais qui prend également des facettes économique et géopolitique. Il y a l’imposition de la culture Lega aux Bashi, une exploitation des biens et la gestion de l’espace. Les Balega considèrent le non initié de la même manière que les chrétiens voient un non baptisé. Le chef de groupement de Rubimbi, Monsieur Mushamalirwa et l’OPJ de la chefferie de Ngweshe ont été suspendus pour avoir accepté l’imposition du rite Kimbigiriti aux Bashi. L’actuel chef de groupement de Rubimbi et celui de Mulamba ont reçu l’ordre de la part du chef de chefferie de mettre fin à cette pratique du rite dans les 2 groupements. Deux membres de la communauté Lega furent arrêtés et relâchés par la police à Walungu.

  • Le conflit foncier qui oppose l’Administrateur du territoire au chef de chefferie de Ngweshe : Le conflit oppose les deux autorités sur la cession de lopins de terre par l’administrateur du territoire pour un usage d’intérêt public. L’actuel administrateur a cédé 2 terrains, Un terrain à la Sous division provinciale de l’éducation (Sous-Proved), et une autre à la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). La chefferie s’y oppose car elle n’est pas consultée et qu’elle en est responsable car ayant acquis la terre depuis l’édit provincial N°4 du 19 Octobre 1961 de l’assemblée provinciale en complément des décisions N°54 du 20 octobre 1920 et celle du 23 Septembre 1944 respectivement de district de CHUISTE et de RYCK. L’administrateur du territoire, répondant du chef de l’Etat, s’estime compétent dans l’octroi de terre pour utilité publique. Un procès a été intenté contre la chefferie de Ngweshe au niveau du tribunal de grande instance de Kavumu ayant donné raison à l’administrateur du territoire de Walungu.

Il y a incompatibilité entre la loi sur la décentralisation et celle coutumière dans les deux entités. L’administrateur s’appuie sur la récente loi foncière et celle de la décentralisation alors que le chef de chefferie s’appuie sur la loi coutumière. Pour l’administrateur, elle est l’autorité en place habilitée à céder la terre. Les terrains qu’il cède sont bel et bien la propriété du territoire selon le certificat d’enregistrement du territoire de Walungu. Le même certificat délimite le territoire et la chefferie. Les personnes qui habitaient la concession du territoire avaient été indemnisées lors de la construction du bureau du territoire de Walungu. L’administrateur cède des terrains pour usage d’intérêt public. Pour la chefferie cette compétence est du Mwami et du gouverneur de province. La chefferie est décentralisée alors que le territoire est déconcentré. La première a un budget, des taxes et la rétrocession. Pour l’Administrateur, il cède les terrains pour les intérêts publics alors que la chefferie parle d’une spoliation, d’une vente de ses terrains acquis depuis la fondation du royaume Shi il y a 4 siècles. Il y a méfiance entre les deux autorités et contestation des actes posés par l’une ou l’autre partie (La chefferie a arraché les bornes dans des parcelles cédées par l’administrateur ; cas de la parcelle de la 5ème CELPA Walungu ; Chaque administrateur entrant rançonnent les personnes et les structures ayant acquis les terres auprès d’autres administrateurs).

IV.8. CONFLIT DANS LE TERRITOIRE DE MWENGA

Vingt-trois conflits ont été ciblés dans le territoire de Mwenga. Ils sont localisés dans les entités suivantes: 5 Chefferie de Basile, 4 Chefferie de Burhinyi, 6 dans le secteur d’Itombwe, 1 dans la Chefferie de Luhwindja , 5 chefferie de Lwindi  et 2 dans la chefferie de Wamuzimu.

  • Les conflits dans la chefferie de Basile
  1. Groupement de Bashilubanda : Dans ce groupement, le conflit de pouvoir coutumier oppose le chef de groupement actuel, Monsieur RIZIKI SHAWAMITANDA à une frange de la population qui conteste sa légitimité. Fils de la deuxième femme, Monsieur Riziki avait été désigné par la cour pour succéder à son père (décédé) à la tête du groupement. La décision que son demi-frère (MBILIZI BILEMBO) né de la première femme avait plus tard contestée car elle était prise pendant qu’il était encore mineur. Cette même cour, avait destitué RIZIKI pour introniser MBILIZI car, selon la coutume, le prince héritier doit être le fils de la première femme. Ce conflit a commencé vers les années 2000. Chaque citoyen se rallie à l’un de ces fils selon ses intérêts. D’où la fracturation de la cohésion sociale manifestée par le refroidissement des relations et les affrontements récurrents entre les deux camps.
  2. Groupement de Bizalugulu : Dans ce groupement, il s’observe un conflit de pouvoir entre le chef du village Mutunda 1er et celui de Kigalama. A l’origine, le chef légal de ce groupement, Monsieur MILINGANYO ITUMBA avait fui les atrocités de Raia Mutomboki. Pour combler le vide, les gardiens de coutume avait intronisé Monsieur KAKOBE MUKAMBILWA qui, actuellement est contesté par la grande partie de la population. En 2012 de son retour dans le village, le nouvel investi refuse de céder le pouvoir. La population reste la principale victime de conflit car il s’observe une certaine méfiance et des agressions verbales au sein de la population et entre les membres des familles concernées directement. La conséquence est que ce conflit rend impossible l’organisation des travaux communautaires et de recouvrement des taxes et impôts.
  3. Groupements de Bamunda, Babulinzi, Batumba, Bashitonga, Bizalugulu : Depuis 2015, un conflit foncier dû à l’imprécision des limites domaniales (champs et étangs piscicoles) oppose simultanément les groupements Bamunda, Babulinzi, Batumba, Bashitonga et  La non-implication des services compétents et l’ignorance des textes légaux par les exploitants sont à l’origine de l’aggravation de ce conflit. Les exploitants directs et les chefs des villages alimentent ce conflit par la convoitise des terres et de ses ressources d’une part et par la perception de taxes illégales d’autre part. La conséquence est que les exploitants sont souvent obligés d’abandonner leurs champs et les étangs piscicoles détruits lors des affrontements, d’où la famine et des procès indéfinis en justice qui appauvrissent davantage la communauté.
  4. Groupements de Bashitonga et Bashimwenda : Entre ces deux groupements, un conflit politico-administratif et d’intérêt économique a été identifié au tour de l’exploitation et la gestion de bois de la forêt de la localité de Mukono située à la limite entre ces deux groupements depuis 2005. A en croire nos sources, depuis longtemps ces deux groupements se disputent la propriété de cette localité. L’administration locale de la chefferie et le territoire n’arrivent pas à dénouer la crise liée à cette situation. Nourri par les Chefs de deux groupements et les leaders locaux, la Population riveraine de la forêt en général et les scieurs en sont les victimes d’insécurité sévissant tout autour de la forêt et un accès réduit. Récemment en 2014, les scieurs de ces deux groupements se sont affrontés avec des objets tranchants, sans aucune perte en vies humaines mais certains ont été grièvement blessés.
  5. Groupement de Balobola : Le conflit de pouvoir coutumier identifié oppose les deux fils du chef exclu : Monsieur MUNDELE SALUMU et Monsieur MUNDELE MWAGALWA en 2005. Tout commence par la relégation du chef KYENDAMINA par le pouvoir colonial. Les deux fils du chef exclu se disputent le trône du groupement, réclamant chacun sa légitimité. Les gardiens de coutumes, la chefferie et l’administration territoriale n’ont pas vraiment réussi à mettre fin à cette question de légitimité de l’un et l’autre. Certains chefs de localités, l’autorité de la chefferie et du territoire interviennent aussi dans ce conflit. Comme conséquence, les services administratifs souffrent et cela amène la population à la désobéissance et au refus de paiement de quelques taxes.
  • Les conflits dans la chefferie de Burhinyi
  1. Groupement de Mulambi : Les oppositions ouvertes sont manifestes entre le pouvoir coutumier et Messieurs Ndikuye et Bugeye fils du chef de groupement suite à la publication de l’arrêté ministériel portant création de communes  Les localités concernées par cet arrêté sont Ntondo, Bugore, Luhuku et Ludaha. Ces Messieurs estiment que la chefferie est complice de la publication de l’arrêté. Ils ont fini par organiser des manifestations désavouant le Mwami de la chefferie en 2014. Certains leaders politiques ressortissants du milieu vivant à Bukavu et à Kinshasa sont aussi tireurs de ficelles dans les 2 camps. La population n’est pas épargnée dans ce conflit car il est  la base de l’insécurité, barricade de routes, destruction de ponts de routes reliant les localités ci-haut citées à la chefferie,  des arrestations arbitraires (des dossiers en instruction au tribunal de paix Mwenga).
  2. Groupements de Nirindja et Chizuka : Un conflit foncier oppose les deux groupements. L’appauvrissement du sol et la présence dans le sous-sol de gisements d’or sont les causes majeures de ce conflit exacerbé par la population originaire de Nindja (Kabare). Cette dernière loue des lopins des terres pour l’agriculture à Chizuka. Ces terres servent ensuite de logement. Ceci fait que les personnes ayant cédées leurs espaces à ces « immigrés » réclament des droits fonciers pour les avoir alliées en se servant des contrats de location. La population de Chizuka considère cela comme un envahissement et une menace. En plus les prospections minières menées à Chizuka par la société BANRO semblent prometteuses si bien que cela motive de plus en plus la population de Nindja à immigrer  davantage à Chizuka. En 2013 la situation s’est aggravée lorsque la société BANRO a tenté de délocaliser cette population. Actuellement certains sites sont interdits à l’exploitation agricole et des espaces cultivables n’existent plus.
  3. Groupement de Cirere : Depuis 2014, il sévit dans ce groupement, un conflit administratif entre l’ICCN et la population autour de l’extension de la RNI dans les villages Cirere I et Cirere II, qui se retrouvent  ainsi dans la RNI. En fait le problème est proportionnel à l’arrêté du gouverneur de province portant mesure d’évacuation de la population dans ces deux localités afin d’en faire la maternité de cette réserve. L’ICCN, les autorités du groupement et les habitants de ce villages ne parviennent pas à se mettre d’accord quant à ce. La population non indemnisée de ces entités  court le risque d’être expulsée dans cette forêt car aucun effort n’est fourni de part et d’autre pour remettre la population dans ses droits. L’autre conséquence est que les espèces rares de la réserve sont menacées de disparition par la population.
  • Les conflits dans le secteur d’Itombwe
  1. Groupement Bashimwenda : Dans le groupement Bashimwenda, trois conflits ont été identifiés. Il s’agit du conflit opposant Kilima et Ishia Ngulungulu autour de la gestion du pouvoir coutumier depuis1987, du conflit politico-administratif entre l’ICCN, WWF, GTZ et autres ONG de protection de l’environnement à certaines autorités politico-administratives  et les leaders communautaires autour de la décision portant création de la Réserve Nationale d’Itombwe en 2014. Il y a également le conflit identitaire lié particulièrement à la gestion de l’espace entre Babembe et Banyamulenge en période de transhumance. Concernant le conflit coutumier, la succession au trône est le nœud du conflit. Kilima reconnu comme détenteur du pouvoir était tombé malade. Son frère Ishia récupéra  le pouvoir et refuse de le céder. Pour le moment, les fils de Kilima réclament la restitution du pouvoir qui leur revient de droit. Toutes les parties recourent à la violence qui entraine des dégâts importants : coups et blessures physiques.

Quant au conflit entre la réserve et la population locale, cette dernière accuse le chef de groupement et autres originaires de la chefferie vivant en dehors de l’entité d’avoir aligné abusivement leur patrimoine en encourageant la signature de l’arrêté N° 038/CAB/MIN/ECN-EF/2006 du 11 octobre 2006. La conséquence est que les espèces protégées sont menacées et les actions de sauvegarde sont sauvagement sabotées.

Concernant le conflit identitaire, les Banyamulenge viennent avec leurs vaches à la recherche de pâturage. Ces vaches détruisent les champs de Babembe et en revanche, les Babembe tuent les vaches de Banyamulenge. Suite à ce conflit, il s’observe la naissance de milices (groupes armés ou d’auto-défense) à caractère ethnique, les affrontements armés entre groupes opposés, le déplacement des populations et les pertes en vies humaines. Non seulement la population locale est victime dans ce conflit mais aussi les voyageurs et personnes qui effectuent des trafics dans la contrée qui sont dépossédés de leurs biens.

  1. Groupement Bashikamakulu : En premier lieu, un conflit oppose depuis 2014 la population locale et l’ICCN. Ce dernier a interdit l’exploitation des minerais dans le parc et la pratique de toute autre activité sur le mont Tungulu. La population, surtout les hommes qui n’avaient que l’exploitation artisanale comme activité et occupation sont au chômage. Ceux-ci sont contraints de rejoindre les forces négatives pour la survie. Le braconnage est aussi signalé du côté de la population afin de subvenir à ses besoins. En second lieu, le remplacement du chef Bulahimu Kaleka est à l’origine du conflit. Ce dernier avait fui vers Tunkele dans la chefferie de Wamuzimu après la rébellion mulelliste en 1964. Pour combler ce vide, il a été remplacé par Monsieur Amuli Buzonga. Ce dernier va à son tour fuir vers Kamituga et sera remplacé par Kaleka Kundukilo en 2010 par les gardiens de la coutume. Plus tard le chef de secteur d’Itombwe désigne à son tour Monsieur Bulahimu comme chef légitime. Aujourd’hui la cacophonie règne dans le groupement. Il s’observe un désordre administratif freinant les actions de développement.
  2. Groupement Basimukindje : Dans ce groupement, un conflit de pouvoir coutumier oppose les familles Imata Iombe et Kisale Wilondja depuis 1982. Le conflit se manifeste lorsque Monsieur Kisale est promu pour siéger au conseil territorial. Le chef de groupement Imata Iombe l’ayant remplacé est menacé de destitution ou par les fils de Kisale mécontents de sa nomination. Ceux-ci lui réclament également une gestion collégiale du pouvoir. En 2009, l’insécurité devenue récurrente conduit certaines personnes à se déplacer dans Wamuzimu. Il s’observe également dans le chef d’une autre frange de la population une méfiance envers le pouvoir coutumier et une suspicion entre les parties opposées.
  • Les conflits dans la chefferie de Luhwindja

A partir de l’année 2011, dans la chefferie de Luhwindja un conflit foncier et d’intérêt économique oppose la chefferie à la population. Les causes de ces conflits sont multiples mais l’exploitation de l’or par la société BANRO est au centre. En 2012, la délocalisation de la population et l’interdiction aux creuseurs artisanaux d’accéder à certains sites  où d’importants gisements d’or ont été découverts a été à l’origine de la grogne au sein de la population. A cela s’ajoute le problème d’accès à l’emploi au sein de cette société et le manque de transparence dans la gestion des rétrocessions.

  • Les conflits dans la chefferie de Lwindi

Trois types de conflits ont été identifiés dans la chefferie de  Lwindi, à savoir : le conflit de pouvoir coutumier, le conflit foncier et un conflit politico-administratif.

Depuis 2005, le conflit de pouvoir coutumier oppose Messieurs NYUMBA MUBEZA à SHOLO NALUBASA. Ces derniers se disputent le droit d’ainesse pour la succession. Ce conflit est à l’origine des déplacements des populations.

Concernant le conflit foncier, des disputes sont observées à cause de l’imprécision des limites de champs et des parcelles. Le conflit de ce type oppose Monsieur Kilosho à la population de la localité de Kilemba autour de la vente d’une partie de cette localité par le Mwami Mubeza à Kilosho. Un autre oppose Monsieur ELIAS MULUNGULA HOBIGERA à Monsieur MULINDWA, chef de groupement d’Ihanga  autour d’une concession laissée par les belges. Ces conflits sont à la base des procès devant le tribunal de paix de Mwenga. Les affrontements physiques entre les 2 familles et les arrestations arbitraires ne cessent de prendre l’ampleur.

Le conflit politico-administratif oppose l’Institut Congolais de la Conservation de la Nature à  la communauté locale. Cette dernière n’apprécie pas l’arrêté portant création de la réserve naturelle d’Itombwe à partir de 2014.

Dans la localité de Muhuzi, un conflit politico-administratif dû à la subdivision de la localité de Muhuzi en 6 villages (Tubemba, Kasozo, Muhuzi 1, Muhuzi 2, Lac Lungwe) par certains responsables des groupes armés, alliés aux FDLR a été identifié. Ces groupes armés revendiquent que ces villages soient reconnus officiellement en tant que tels. La conséquence c’est la coexistence de deux administrations parallèles (une administration rebelle et une administration officielle).

  • Conflit dans la chefferie Wamuzimu

La chefferie Wamuzimu vit le conflit politico-administratif partagé entre 12 groupements à cause de l’imprécision des limites. Il s’agit des groupements de Baligi contre Bashibungembe; Bawandeme contre Bagunga ; Buse contre Bashimwenda ; Bashikumbilwa contre Bashitabyale ; Buse contre Baligi au niveau de la colline Kamisimbi; Banakyungu contre Bashibungembe et contre Bashikumbilwa ; Bakute contre Bashikamagulu  et Bakute contre Kasimbila Kaluzia. Ce dernier  a fait qu’en 2008, la population soit privée des terres pour l’agriculture. Les ressources minières et  forestières partagées par les habitants de ces groupements sont à l’origine de ce conflit. La conséquence c’est l’insécurité. Les paysans sont immobilisés au point qu’ils ne peuvent plus accéder aux zones de production économique notamment à la forêt et aux champs. Depuis 2000  le chef de groupement de Banamukika est en opposition avec ses deux chefs de villages Bakongo de Muyoma et Banakabale. Ces conflits sont nourris implicitement par la chefferie qui veut à tout prix  transformer ces villages en groupement.

Dans le groupement Basikamakulu, un conflit de pouvoir coutumier déchire la population. Pour la petite histoire, le groupement s’appelait Basisemuka, du clan Bakute. Le chef Kamangu du groupement Basisemuka accueillit les Babembe (Basikamakulu) venant de Fizi. Plus tard, Mwassa, du clan de Babembe sera désigné pour faire l’intérim du chef de groupement Kamangu. Par la force des événements, il se maintiendra au pouvoir et changera l’appellation du nom du groupement en Basikamakulu. Depuis 2011, le groupement connait les moments les plus durs de son histoire. La population assiste impuissamment à la servilité imposée par les groupes armés entre autres le règlement  des comptes à leurs détracteurs (assassinats ciblés et enlèvements).

 

IV.9. LES CONFLITS DANS LE TERRITOIRE DE SHABUNDA

 

De manière générale dans le territoire de Shabunda, 16 conflits saillants sont identifiés dont  3 dans la cité de Shabunda, 5 dans la chefferie de Bakisi et 8 dans la Chefferie Wakabango I. Ils sont généralement dus à la succession au pouvoir coutumier et aux limites des parcelles et des entités administratives.

  • Les conflits dans la cité de Shabunda : Les conflits suivants ont été identifiés dans la cité de Shabunda :

1°) Le conflit de gestion du pouvoir administratif à Shabunda entre les ressortissants de Wakabangu I et ceux de Bakisi autour de la répartition des postes administratifs. A cela s’ajoute le complexe d’infériorité dont souffrent les ressortissants de Wakabango I, lequel serait aussi tributaire à l’infériorité numérique tant en intellectuels qu’en démographie. En 2014, il commence à s’observer une fragilité de la cohésion sociale entre habitants de ces 2 chefferies.

2°) Le conflit foncier fait son apparition depuis l’érection de Shabunda en centre urbain en 2014. La vente de la plus part des parcelles aux non ressortissants de Shabunda par le service des titres fonciers et de cadastre et la non-détention des titres de propriété par la population dite autochtone sont à l’origine de ce conflit. La conséquence en est que certains paysans sont dépossédés de leurs terres.

3°) Le conflit socioéconomique entre les clients et les gestionnaires de compagnies d’aviation exploitant la ligne Bukavu-Shabunda autour de la mauvaise gestion, l’escroquerie et les tracasseries. Il s’observe des irrégularités sur le prix du billet d’avion.

  • Les conflits dans la chefferie de Bakisi : Le dysfonctionnement au sein de la chefferie qui ne dispose pas des textes juridiques lui conférant le statut de chefferie de Bakisi occasionne les conflits entre/dans différents et la famille régnante. Les conflits dans certains groupements de cette chefferie sont :
  1. Groupement de Baliga : Un conflit d’intérêt économique amène les membres des clans Mwanya et Kasila à la confrontation autour du contrôle des ressources naturelles minières. Ces clans se divisent à cause de l’exploitation minière dans le groupement Baliga, spécifiquement pour dans le village Bugungu. L’histoire renseigne que ce conflit date des années 80. Il resurgit au moment opportun. Vers les années 2000, il commence à prendre de l’ampleur lorsque les minerais dits du sang en RD Congo gagnent le marché mondial. Les groupes armés en profitent et les victimes sont enregistrées mêmes du côté des personnes qui ne sont pas acteurs directement impliqués dans le conflit.
  2. Groupement de Bangoma : Il existe un conflit identitaire entre les clans Kikobya et Iguna Bokilwa qui sont venus s’installer après les Kikobya vers les années 1930 et 1942. Considérés comme « étrangères » mais malheureusement, il y aura découverte des minerais dans la forêt où ces clans avaient été relégués après la médiation menée par le Mwami Mopipi en 1995. Au conflit identitaire s’ajouta celui lié à l’exploitation des ressources minières. En  1996, ce conflit est devenu plus mouvant jusqu’en 2014,  où il revêt un caractère incontrôlable avec la problématique minière qui a déjà entrainé mort d’hommes.
  3. Groupement de Beigala : Dans ce groupement, les familles Kyamona et Nkungwa Zimu du clan Mubazi se dispute la gestion et la propriété du carré minier Binzili. Ce conflit est dû à la mauvaise délimitation de l’entité au niveau de la forêt appartenant au groupement. En 2010, ces familles et les opérateurs économiques exploitant les ressources de cette forêt (minerais), le service des mines avec les creuseurs artisanaux attisent ce conflit. L’insécurité devient récurrente dans le milieu et la population en est victime.
  4. Groupement Bagabo : Il existe un conflit opposant les chefs des clans au chef du groupement sur l’exploitation des minerais dans la rivière Ulindi. Les minerais dont regorge la rivière Ulindi ravivent les tensions entre les populations riveraines. Elles se réclament toutes être les premiers occupants de cette forêt et de la partie de la rivière Ulindi. Ce qui entraine la résurgence continue des conflits entre ces deux peuples riverains. Depuis 2013, les creuseurs artisanaux sont victime de la duplicité des taxes et redevances, de l’insécurité,  de mort d’hommes, des arrestations arbitraires, etc.
  5. Groupement de Bamuguba Sud : Le Conflit politico-administratif et d’intérêt économique autour de la délimitation du territoire de Shabunda et celui de Kalehe. En effet, la localité de  Segelele appartient au groupement de Bamuguba Sud dans le Shabunda mais la forêt logeant cette localité appelée Nyamisegelele est exploitée et gérée par la population de Kalonge en territoire de Kalehe. Depuis 2003, ce conflit est très actif. Il s’observe une insécurité dans la zone au tour de la forêt où sont exploités les minerais. De nos jours, les relations sont très tendues entre les populations de ces deux territoires.
  • Les conflits dans la chefferie de Wakabango I

Au sein de cette chefferie, l’étude s’est effectuée sur trois groupements dont : Basitabyale, Bagali et Ikaama-Kasanza. Les conflits saillants identifiés sont les suivants :

  1. Groupement Basitabyale : Un conflit de gestion et de succession au pouvoir coutumier entre les enfants de famille régnante Monsieur Marcel Moligi et son demi-frère Eric Moligi est actif depuis Ce conflit occasionne des arrestations arbitraires et l’insécurité dans le groupement.
  2. Groupement Batali : Les conflits majeurs identifiés dans ce groupement sont dus au pouvoir coutumiers. Ils opposent la chefferie et le groupement, et les membres du groupement entre eux-mêmes. A l’origine il y a l’usurpation du pouvoir Monsieur Mbeya qui s’est autoproclamé chef de secteur de Batali, reprochant le chef de chefferie de Wakabango I de mauvaise gestion et de violation des intérêts du groupement de Batali. En conséquence, la population de ce groupement se sent scandalisée. Ce conflit est actif depuis 2010.
  3. Groupement Ikama-Kasanza : Les conflits suivants ont été identifiés dans le groupementIkama-Kasanza à savoir : le conflit de leadership, le conflit du pouvoir, le conflit foncier,  le conflit politico-administratif et les conflits des limites.

1°) Le conflit du leadership est manifeste entre le chef Ngoma et la population de Kasanza. Vers les années 1960, Monsieur Ngoma, jadis seigneur de guerre est nommé par les autorités politico administratives afin de mettre fin à la guerre muleliste. Aujourd’hui, Ngoma est méconnu par la population car il n’appartient pas à la lignée. Très actif au cours de la période 2009-2010 le conflit est à la source de l’insécurité et le contrôle de l’entité échappe au chef Ngoma vivant à Bukavu.

2°) Le conflit de légitimité et légalité du pouvoir entre Kasanza et la chefferie Wakabango I est dû au manque de collaboration entre les chefs des localités Kasanza et l’autorité coutumière de Wakabango I. Méconnu comme secteur par la chefferie et une frange de la population, l’entité de Kasanza possède cependant un statut légal depuis l’époque coloniale. Depuis 2009 il s’observe une résistance et une méconnaissance de l’autorité coutumière par les habitants de Kasanza qui aujourd’hui font face à l’enclavement et à l’insécurité.

3°) Le conflit foncier oppose le groupement Ikama-Kasanza à la population de Kilembwe (Fizi) autour de l’imprécision des limites administratives entre les 2 entités. Les habitants de Fizi menacent ceux des villages de l’axe Mukoloka-Katembele appartenant à Ikama-Kasanzaen exploitant leurs terres. Ils se sentent également abandonnés par l’autorité territoriale parce qu’elle n’y arrive presque pas. Depuis 2007, le groupement, la chefferie et le territoire se heurtent à une insécurité sans précédent.

4°) Le conflit politico-administratif concerne la problématique autour de la délimitation entre le territoire de Kabambare au Maniena et Wakabango I au Sud-Kivu. Certaines localités de la chefferie de Wakabango I sont convoitées par le territoire de Kabambare à cause des minerais qui s’y trouvent. Le fait récent remonte à 2014 dans la partie voisine de Namoya où la population locale victime du conflit s’est vue privée de ses champs.

5°) Les disputes entre les 3 fils du feu KANYOMBO autour de la succession sont à l’origine de ces conflits. Il est aggravé par le celui qui oppose cette famille régnante avec la famille  Lusamaki autour du partage de pouvoir entre la famille Kanyombo et celle de Lusamaki. Ce conflit est manifeste depuis 2011. Il s’observe alors au sein de la communauté une baisse des activités économiques, une dégradation des relations entre les deux familles jusque dans la population et une absence de l’autorité de l’Etat dans le groupement.

6°) Le conflit de limites est manifeste dans cette zone depuis 1970. Il oppose le territoire de Shabunda à ceux de Pangi, Kabambare, Kahilo et Mogo de la province de Maniema.

Ces  quatre territoires précités convoitent la perception des impôts et taxes des localités voisines au territoire de Shabunda car riches en minerais.

 

 

 

 

  1. CARTE DES CONFLITS DANS LA PROVINCE DU SUD-KIVU

V.1.CARTE DES CONFLITS DE LA VILLE DE BUKAVU ET DES TERRITOIRES D’IDJWI, KABARE, KALEHE, FIZI, UVIRA ET WALUNGU

V.2. CARTEDES CONFLITS DES TERRITOIRES DE MWENGA ET SHABUNDA

V.2.1. Carte des conflits du territoire de Mwenga

 

V.2.2. Carte des conflits du territoire de Shabunda

 

 

 

[1] Redevance coutumière versée par les éleveurs, les pêcheurs, les agriculteurs, les exploitants miniers artisanaux auprès des chefs coutumiers. Elle prend le plus souvent la forme d’une vache (à Fizi) et d’un casier de bière (àUvira) lors de l’arrivée des troupeaux dans la zone.

[2]Les organisations Réseau d’Innovation Organisationnelle, Action pour le Développement et la paix Endogènes ont accompagné les communautés de Fizi et d’Uvira dans une recherche. Ces communautés ont mis en place des structures intercommunautaires  »des cadres de concertation intercommunautaire qui travaillent sur les conflits et les groupes armés dans ces deux territoires. Par le biais des CCI, les communautés ont mis en place des accords pour réglementer la transhumance. Les communautés de Fizi et d’Uvira sont dans une dynamique de couler ces accords en un édit sur la transhumance au Sud-Kivu.

[3] Ce groupe armé est dissident du groupe Yakutumba et opère dans le Sud du territoire de Fizi.

[4]Misisi a plus d’une trentaine des services de l’Etat. La société civile de Misisi dit que Misisi est la  »ville de Kinshasa » en miniature. Le rapport sur l’analyse et l’évaluation des besoins (RIO, LPI, STAREC 2014) édifie davantage

[5] Témoignage d’un agriculteur installé à Kitete locataire des terres auprès du chef de groupement des Basimukuma, rencontré à Baraka en 2015.

[6] Attirées par la fertilité, les autorités tant locales que provinciales sollicitent des terres à Kitete

[7] Au cours de l’année 2015, dans le village Swima, alors que Monsieur Mkyungu Lwangela observait la veillée mortuaire de son neveu, un groupe des motards est arrivé de Mboko (chef lieu du secteur où vivait le défunt) ;un parmi ces motards l’a approché comme pour lui exprimer sa compassion, les autres lui ont jeté une grosse pierre, ils l’ont tué et brûlé vif. L’un parmi ces bourreaux a déclaré que Mkyungu a été tué par mauvaise chance, la cible était son frère.

[8] Insigne du pouvoir traditionnel

[9] NCI jouit de l’appui de l’Unité communautaire de Sensibilisation (UCS Lemera). Une deuxième structure mise en place par les communautés, dans le même cadre que la première. Tandis que le NCI a pour mandat d’identifier et de transformer les conflits, l’UCS a pour mission de sensibiliser les groupes armés, les communautés et les autorités au désengagement des groupes pour intégrer l’armée ou la vie civile.

[10] Expression utilisée par les participants à l’analyse du contexte du 12 au 13 mai à Uvira.

[11]Benelenghe signifie descendant de Lenghe. Lenghe est la famille dynastique des Bavira

[12] Le groupe armé Gumino a deux factions qui opèrent séparément.

[13] Dans l’étape de l’analyse, c’est ce conflit qui a été analysé. Les deux parties ont signé un accord qui a contribué à la résolution du conflit.

[14] Notre source renseigne qu’en 2015, dans le village de Kiliba, une femme a retrouvé une partie de son champ récoltée. Elle s’est mise à maudire ces bourreaux ne sachant pas qu’ils étaient dans les environs. Ils sont revenus et l’ont obligé de récolter le reste du champ et de le transporter pour l’autre rive de la Ruzizi.

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